• Vingt-septième chapitre.

                Pendant que mon père regarde la voiture de Kristina s'éloigner, je tente de m'éclipser discrètement. Je monte quelques marches dans les escaliers, mais l'une d'elles grince.
    - Florencia, reste ici. Il faut qu'on parle, me dit-il sèchement.
    - D'accord...
     Je redescends. Intérieurement, je n'ai qu'une envie : devenir sourde pour ne pas l'entendre me faire la morale. Je marche en traînant des pieds. Cette peste d'Alexia va me le payer, ça c'est sûr.
    - Assieds-toi.
    - Non, je suis bien debout, protesté-je.
    - Assieds-toi.
    - Bon...
     Je m'installe sur le canapé et fixe mon père, je redoute ce qu'il va me dire.
    - Bien. Alors, explique-moi. Sans me mentir. Qui est ce Mike ?
    - Un nouvel élève.
    - Tu peux êtres un peu plus claire s'il te plait ?
    - Un camarade avec qui je m'entends... Disons... Euh, très bien.
    - Je veux savoir depuis quand tu es avec ce garçon. Je veux connaître la date et l'heure précise.
    - Papa...
    - La date et l'heure ! me répète-il, au bord de la crise de nerfs.
    - Bon, bah... L'heure ça va être difficile parce que je n'ai pas de montre. Mais pour la date, ben... Depuis environ, une semaine.
    - Bien.
     Il y a un instant de silence. Ni lui ni moi ne nous regardons dans les yeux.
    - Une semaine ?! Et tu comptais me le dire quand hein ? dit-il en haussant le ton.
    - Bah, j'attendais le bon moment et...
    - Je t'interdis de le revoir. me coupe-t-il.
    - Quoi ?
    - Tu m'as très bien entendu.
    - Mais papa... Je l'aime, pourquoi tu ne veux pas le comprendre ?! Je ne suis plus une gamine ! J'ai le droit de faire ce que je veux !
    - Non, au contraire, tu n'es qu'une enfant. Et tant que tu vivras sous mon toit, tu ne fréquenteras pas ce... Ce Michaël.
    - Il s'appelle Mike !
    - Peu importe.
     Je soupire tout en regardant mes pieds. Je sens la rage monter en moi, il faut que je me calme.
    - Si maman vivait encore ici, elle me laisserait voir celui que j'aime. finis-je par dire.
    - Peut-être, mais elle est à l'autre bout du pays, alors tu te plies à mes règles, et si tu n'es pas contente, vas donc la rejoindre.
    - Très bien !
     Je me lève, monte les escaliers comme une furie puis claque ma porte de chambre. Je me jette sur mon lit, attrape mon journal, et écris quelques lignes :

    Cher journal... Je vais rejoindre maman quelque temps, j'ai besoin d'air. Elle, elle me comprend. Pas comme papa, qui n'accepte pas le fait que j'ai un petit ami. Sérieusement, que sait-il de ma vie hein ? Il n'a pas le droit de m'interdire de voir Mike. Même si en passant quelques jours chez elle, je ne verrai pas mon petit ami, ça sera toujours mieux que d'être ici...
    Tout ça à cause de cette sale peste... Je la déteste. Mais, crois-moi, elle va me le payer, je vais me venger.

    Je lâche mon stylo puis me dirige vers ma penderie. Certes, ma réaction est peut-être précipitée, mais je suis trop en colère pour rester avec mon père.
    J'attrape ma valise et prends plusieurs tenues à la fois sans vraiment les regarder. Je plie tout rapidement et je fourre tout ça dedans.
    Bien entendu, je prends mon livre avec moi, je le cache sous une pile de pulls. Je dépose maintenant mes sous vêtements dans ma valise, prends deux paires de chaussures, puis la referme. J'attrape mon sac à main, mets mes écouteurs et mon chargeur de téléphone à l'intérieur, puis, j'appelle Mike.
    Je souffle un bon coup avant qu'il ne décroche:
    - Allô ?
    - Oui.. C'est Flor...
    - Salut mon ange. Tu vas bien ?
    - Oui, oui... Je vais bien. Enfin, pas tant que ça.
    - Qu'est ce qu'il se passe ?
    - Euh, je voulais te prévenir que je vais passer quelques jours chez ma mère...
    - Oh...
    - En fait, Alexia a dit à papa que nous étions ensemble... Et... Il a mal réagit et il ne veut plus que l'on se revoit.
    - Ah mince.. Désolé chérie... Je ne veux surtout pas t'apporté de problèmes... Si tu veux je..
     Je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase, et lui dis :
    - Ne t'en fais pas, ce n'est pas de ta faute. Tu peux me rejoindre demain, à l'arrêt du bus de ville ?
    - Oui, c'est faisable.
    - Cool, alors on se voit demain... Aux alentours de 11h00.
    - C'est noté, à demain Flor.
    - A demain... Je t'aime hein ?
    - Moi aussi, bisous.
     Il raccroche. Je fourre mon téléphone sous mon oreiller et me couche.
    Ne trouvant pas le sommeil, je ressors le livre de ma valise et observe quelques formules magiques.

    Pour annuler un sort que vous avez jeté, dîtes la formule suivante :
     Le sort qui n'aurait pas dû être jeté,
     Donnez-moi le pouvoir de l'annulé,
     Tel est mon souhait,
     Que disparaissent ses effets. 
    Pour que votre livre revienne à sa place, s'il a disparu :
     J'en appelle aux anciens pouvoirs,

     Pour m'aider dans ces heures noires,
     Qu'à travers le temps et l'espace,
     Mon livre reprenne enfin sa place.
    Pour localiser votre petit ami :
     Je demande gentiment au pouvoir supérieur,
     De m'envoyer un signe révélateur,
     Qui me conduira vers l'élu de mon cœur.

    Après avoir lu plusieurs pages, je m'endors paisiblement.

     

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