• Cinquante-deuxième chapitre.

    Point de vue de Mathias :

       Cela fait déjà quelques mois que l'état de Florencia va de mal en pire. Nous sommes le 3 février, et, elle continue sur la mauvaise voie. J'ai cherché dans un maximum de livres de magie; j'ai cherché un sortilège susceptible de fonctionner. J'en avais pourtant trouvé plusieurs, mais, aucun n'a fait effet. Florencia a l'air d'être complètement insensible.
      Je me charge de veiller sur elle tous les jours; je passe la voir ou l'observe de loin, rapidement. Je m'assure qu'elle ne fasse pas de bêtise. Parfois, je prends de ses nouvelles, je lui parle, même si je vois bien que ça ne l'enchante pas.
    Mon cousin et elle se sont séparés; lui est détruit et désespérément amoureux, elle s'en contrefiche et vis sa vie. J'ai remarqué qu'elle n'est plus très proche de ses amis, elle leur parle assez mal et prend tout à la légère.
    D'après ce que j'ai compris, son père pense qu'elle est en pleine crise d'adolescence et ne s'inquiète pas plus de son état. Après tout, comment lui expliquer ce qu'il se passe vraiment ?
       Comme chaque dimanche, j'attends que Mike vienne à la maison, nous allons nous faire une partie de jeux vidéos. D'ailleurs, il sonne justement à la porte :

    - Entre ! C'est ouvert !
    - Salut cousin ! dit-il en me faisant une petite accolade.
    - Hey !
     Nous nous installons sur le canapé en face de la télévisons. Je commence à allumer la console, quand soudain, il me pose la question qu'il me pose toutes les semaines :
    - Comment va-t-elle ?
    - Disons que ça ne s'arrange pas...
     Mike peste. Il est à la fois déçu, énervé, et, il se sent coupable.
    - Mike...
    - Arrête ! Ne me ressors pas encore tout ton baratin ! C'est de MA faute !
    - Non. L'état de Florencia n'a rien à voir avec toi.
    - Bien sûr que si ! Elle me l'avait dit ! Elle m'avait prévenu... Et je ne l'ai pas écoutée...
      Je cherche mes mots pendant quelques instants puis lui réponds :
    - Et avec cette Clara alors ?
    - Elle m'a appelée hier, me disant qu'elle est bien rentrée chez elle. Pour le moment, elle n'est plus à Forks, mais, j'ai peur qu'elle ne baisse pas les bras et qu'elle revienne.
    - Ne la laisse pas revenir si tu veux avoir une chance de retrouver Flor.
     Un court silence s'installe avant qu'il me demande :
    - T'as pas une bière ?
     Je ris et lui réponds :
    - Si, va voir dans le réfrigérateur.

     Lorsqu'il revient, nous nous ouvrons chacun une bouteille; puis la partie de jeu commence. Nous buvons, discutons, rions. Je sens qu'il oublie un peu ses problèmes, c'est une bonne chose...

    Point de vue de Florencia :

          Habillée assez simplement : un jean noir troué au niveaux des genoux, un tee-shirt manches trois quart presque fait entièrement en dentelle; je décide de sortir faire un tour. Je me lâche les cheveux, enfile mes bottines noires à talons et me rends au bar situé à quelques rues d'ici.
    En guise de raccourcis, je passe par des petits chemins sombres; quelques ruelles qui sentent l'alcool à plein nez. Je crois que c'est devenu mon odeur préférée. Lorsque le barman me voit, il me sourie, je crois que je suis devenue sa cliente préférée.
    - Qu'est ce que tu prends aujourd'hui Flori ? me demande-t-il.
    - Comme d'habitude, répondé-je en regardant autour de moi.
      Quelques minutes plus tard, il me tend un cocktail que je m'empresse de boire cul-sec.
    Dans ce bar, il y a de tout : des hommes qui travaillent sur leurs ordinateurs, des jeunes qui font des paris débiles, des gens seuls, des bourrés, des drogués... Je repère un garçon seul à une table et décide d'aller lui tenir compagnie.
    - Salut, toi ! dis-je.
    - Hey ma jolie !
     Il est grand, brun, une capuche sur la tête. Son visage est assez sombre, il a la gueule de bois.
    - Tu es toute seule ? me demande-t-il.
    - Oui.
     Je le regarde attentivement tandis qu'il finit son verre. Il se laisse séduire et me regarde à son tour.
    - Et toi, tu es seul ? je demande.
    - Pour le moment oui.
    - Pour le moment ? je répète.
    - Oui, j'attends des potes, on va pouvoir s'amuser...
     Il prononce cette dernière phrase en passant doucement sa langue sur ses lèvres. Je commence à me demander si j'ai bien fait de venir l'aborder.
    - Bon, je vais te laisser les attendre, dis-je, à plus !
     Je sors assez rapidement du bar et commence à rentrer. Quelques mètres plus loin, j'entends une bouteille de verre se brisée : un groupe de garçon bourrés s'amusent à exploser des bouteilles de bière sur les murs de la ville. J'évite de traverser cette ruelle et passe par un autre chemin.
    Malheureusement, le garçon de tout à l'heure me rattrape et me tiens fermement le poignet.
    - Eh ! m'écrié-je.
     Il se met à rire en compagnie d'autres garçons qui lui ressemblent beaucoup. Je me débats comme je peux et recule.
    - Allez ma jolie, joue le jeu ! dit l'un d'entre eux.
    - Tu vas voir, ça va être cool ! renchérit un autre en riant.
       J'entends les pensées répugnantes du garçon qui me tient le bras :
    "Elle est trop bonne, je vais me la faire"; "Je la droguerai si elle refuse"; "On va s'éclater"...
    Celui-ci commence à déboutonner son pantalon.
    - Tu me touches, je hurle ! menacé-je.
    - Non, tu vas être bien gentille et te laisser faire.
     Je regarde craintivement autour de moi, cherchant un passant qui pourrait me venir en aide, mais : personne.
    Ces crapules se rapprochent de moi, l'un d'eux me maintient les poignets contre le mur tandis qu'un autre ricane dans son coin.

    "Ces hommes, qui tente de me faire du mal,
      Je veux qu'ils soient sévèrement punis,
      Ainsi, leur sort me sera égal,
      Je veux qu'ils ne puissent plus voir de toute leur v.."

    Je n'ai pas le temps de finir ma formule que le garçon du bar se retrouve projeté à l'autre bout de la rue. Un autre s'effondre par terre. Mathias est en train de se battre. Il enchaine les coups de points et les coups de pieds, il s'en reçoit quelques-uns lui aussi.
    Je regarde cet affreux spectacle sans savoir quoi faire ni comment réagir.
    Lorsque tous les malfaiteurs sont au sol, Mathias se rapproche rapidement de moi :
    - Florencia !! Tout va bien ?!
    - Oui.
    - Qu'est ce qu'ils t'ont fait ces salopards ?!
    - Rien Mathias, ils ne m'ont rien fait.
     Pendant un instant, je suis soulagée qu'il soit là, je le prends dans mes bras. Il me serre fort contre lui. Je réalise soudain que c'est complètement ridicule et me défait de son étreinte.
    - Je n'avais pas besoin de toi, dis-je.
    - Tu rigoles ou quoi ?
    - Non, je m'en sortais très bien. J'allais tous les neutraliser d'un seul coup. Je n'avais pas besoin de toi Mathias ! Arrête de me suivre, arrête de veiller sur moi ! Je n'ai pas besoin de toi dans ma vie !
     Je ne lui laisse pas le temps de répliquer quoique ce soit, je m'éloigne rapidement.

    Point de vue de Jacob :

        J'ai envoyé plusieurs messages à Florencia. Elle ne répond pas à mes textos et évite mes appels. Je veux réussir à la conquérir, et, dans un seul but : pouvoir me remettre avec Alexia. Celle-ci ne supporte pas de voir Florencia heureuse. Elle veut tout simplement l'anéantir en faisant en sorte que Mike et elle ne soit plus ensemble.
    C'est là que j'interviens : je la drague, elle tombe amoureuse de moi, elle quitte Mike, je la largue, et le tour est joué ! Pourtant, elle a l'air d'être complètement insensible à mon charme... Bon, j'avoue quand même que cela me fait de la peine, elle, si généreuse... Si belle, si gentille... Mais, c'est pour Alexia que je le fais.
    - Tu m'écoutes abruti ?! me lance Alexia en me donnant une tape sur l'épaule.
    - Oui, désolé, tu disais ?
    - Elle sèche quelques cours depuis un moment. Cela ne lui ressemble pas. Et, Mike a l'air déprimé depuis que cette... Clara ? est partie. Je propose donc de faire en sorte que Lucie se rapproche de Mike pour qu'il se jette dans ses bras et lui dévoile un maximum d'informations sur sa protégée.
    - Après ce que Lucie et toi avez fait ? Il ne lui fera pas confiance.
    - A moi non, mais, à une ancienne amie de Lucie, oui.
    - Je ne comprends pas où tu veux en venir.
    - Mais c'est pourtant simple ! Lucie va faire semblant de redevenir leur amie à tous !
    - Quoi ?! Hors de question ! s'écrie la principale concernée.
    - Lucie, je ne t'ai pas demandé ton avis. réplique Alexia.

      Celle que j'aime se lève du lit et se dirige vers son amie.
    - Ecoute, c'est pour la bonne cause ! Certes, tu vas devoir trainer avec ces bouseux; MAIS; tu seras avec Mike.
    - Et qu'est ce que tu y gagnes Alexia ? demande-t-elle.
    - Je saurai grâce à toi ce qu'il se passe avec Florencia et je trouverai un point sensible pour l'anéantir ! C'est tout !
    - Moi, je ne comprends pas comment tu comptes t'y prendre... ajouté-je.
    - Toi, tu ne comprends rien du tout. me dit Alexia. Mais, si tu es bien gentil et que tu participes à ce plan, tu gagneras une nuit avec moi.
      Cette nouvelle me laisse sans voix. Bien sûr que je vais participer à ce plan !!
    - Bon, les filles, je vais vous laisser. Alexia, tu me diras ce que j'ai à faire ! Salut !
     Je sors de la demeure d'Alexia et rentre chez moi. J'ai encore pas mal de devoirs à faire.

    Point de vue d'Alexia :

      Une fois que Lucie et Jacob sont rentrés chez eux, je vais voir ma mère et lui demande :
    - Maman, quand est-ce qu'on retourne chez Louis ?
    - Quand Florencia et toi vous entendrez mieux.
    - Mais...
    - Non, Alexia. Tu te rends compte qu'on est obligé de mettre notre couple entre parenthèses parce que vous êtes toutes les deux des gamines capricieuses ?
    - Quoi ? Mais maman... Moi je n'ai rien fais de mal ! Après tout, je l'aime bien cette Florencia, elle est quand même presque ma demi-sœur ! C'est comme si elle faisait déjà partie de la famille...
    - Tu es sérieuse ?
    - Bien sûr que oui ! Et puis, j'aimerai bien qu'on devienne amie elle et moi. On serait les meilleures amies du monde ! Mais, elle... Elle ne veut pas, elle me fait toutes les crasses du monde...
    - On verra ça ma chérie...
    - S'il te plait... Nous n'avons qu'à organiser un dîner chez eux, demain soir. Et, nous ferons des efforts elle et moi, je te le promets !
    - Bon, d'accord... Je vais appeler Louis pour lui en parler. Je préciserai bien sûr que cette idée vient de toi. me répond ma mère en souriant.
     Fière de moi, je monte et file à la salle de bain pour me prendre un bain brûlant et mousseux.

     

     

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